Malgré deux chutes et un « stop and go » de dix secondes, l’écurie berruyère Tecmas-Minerva Oil a préservé ses chances en Coupe du Monde FIM Superstock, grâce à sa cinquième place aux 8 Heures de Spa-Francorchamps.
Arnaud Sassone avait pourtant prévenu.
« Sur une course de huit heures, la moindre petite erreur se paye cash. Une chute, un ravitaillement raté, une crevaison, une panne mécanique comme aux 24 Heures du Mans et ç’en est fini des rêves de victoire… Et même d’espérer se mêler à la lutte pour le classement final de la Coupe du Monde FIM de Superstock (SST) ».
Après de bonnes qualifications (13e chrono scratch et 4e en SST), avec un Christophe Ponsson étourdissant moins d’une semaine après son superbe doublé en championnat de France de Superbike à Nogaro, l’écurie berruyère Tecmas-Minerva Oil Lubrifiants nourrissait de légitimes ambitions dans les Ardennes belges. Ne s’était-elle pas imposée l’année dernière sur ce même circuit de Spa-Francorchamps ? C’était, certes, avec le soutien officiel de BMW, avec d’autres pilotes, mais au Mans, malgré une préparation réduite avec la nouvelle M1000 RR, le team d’Arnaud Sassone s’était montré d’emblée compétitif. La n°9 avait régulièrement figuré dans le trio de tête du SST, marquant ainsi des points précieux aux classements intermédiaires, avant d’être victime de pannes inédites jusqu’ici.

Guillaume Antiga perd l’avant
Sur le magnifique toboggan de Spa-Francorchamps, l’écurie berruyère se voyait donc confrontée à un véritable quitte ou double pour rester dans la course au titre. Auteur d’un début de course solide, Christophe Ponsson passait le relais Guillaume Antiga après 44 minutes de course, en deuxième position derrière la BMW n°38. A cet instant, ça roulait plutôt bien pour Tecmas… Mais dès son deuxième tour, Antiga perdait l’avant de sa moto dans Les Combles et ne pouvait éviter la chute ; là où le SERT et bien d’autres sont également allés à la faute. Une chute sans mal, heureusement, pour le pilote qui pouvait repartir après avoir relevé sa moto. Du coup, la n°9 glissait à la 7e place du SST. Pilotant sans cale-pied, déjà qu’il avait perdu environ 35 secondes dans la chute, Antiga boucla néanmoins son relais avec beaucoup de maîtrise et sans perdre trop de temps. Le temps de remettre un nouveau cale-pied et Chris Leesch s’élançait pour son premier relais. La n°9 était alors 8e des SST… Un écart déjà conséquent mais il n’était pas question de lâcher.
Une averse à la troisième heure de course vint semer la zizanie et par le jeu des changements de gommes et des ravitaillements, la n°9, grâce au bel effort collectif des pilotes et du staff, était pointée à la mi-course à la 5e place dans sa catégorie. Tecmas était alors toujours dans le coup pour le podium. D’autant plus que la moto de tête, la BMW n°38 de Champion-Hert bay MRP était peu après contrainte à l’abandon sur panne mécanique.
Dans des conditions difficiles, avec une piste changeante où il fallait surtout ne pas dévier de la bonne trajectoire, la bataille allait faire rage jusqu’au bout.
Dix secondes de pénalité et une deuxième chute
Mais il était dit que rien ne serait facile pour Tecmas. Alors que Leesch venait de s’emparer de la troisième place, aidé en cela par les problèmes affectant les Honda n°27 etn°44, la n°9 était contrainte par la direction de course à un stop and go avec arrêt obligatoire de 10 secondes pour une petite erreur technique lors du remplissage du réservoir. Sévère ! Néanmoins, à une heure de l’arrivée, alors que Leesch cédait le guidon à Ponsson, la n°9, alors 4e était toujours en course pour podium… Déchaîné, Christophe Ponsson reprenait deux secondes au tour à la Yamaha n°18 des Pompiers pour s’emparer de la 3e place à moins d’une demi-heure de l’arrivée. Magnifique ! Mais Ponsson partait à son tour à la faute à 24 minutes du drapeau à damier. Cette fois, c’était l’adieu au podium tant espéré. Après une réparation éclaire dans le garage Tecmas par l’équipe technique, Antiga, dernier relayeur, réussissait quand même à préserver la 5e place, finalement synonyme d’espoirs pour la Coupe du Monde FIM puisque les quatre premiers du classement général après Le Mans (BMW-Champion by MRP, Honda n°44 du team No Limits, la Honda n°27 TrT Az Moto et la Honda du RAC 41) ont terminé encore plus loin, voire même pour certains, abandonné. « Une course rendue difficile en raison des conditions météo mais les gars n’ont jamais rien lâché. C’est ce qu’il faut retenir en premier même s’il est vrai que le podium était à notre portée » analysait Arnaud Sassone avec justesse en pensant déjà au Bol d’Or en septembre. « Au Castellet, le coefficient points sera de 1,5 et il y aura aussi des points attribués aux classements intermédiaires des 8 heures et des 16 heures de course. Selon les résultats de Suzuka, où ce sera sans nous, on verra alors si on peut viser une place sur le podium final de la Coupe du monde FIM… »
Au scratch à Spa, victoire « à la maison » et sans trembler pour la BMW officielle n°37 du World Endurance Team avec près d’un tour d’avance sur la Yamaha n°7 du Yart, toujours leader du championnat EWC. Avec le team ERC, Kenny Foray, sur la BMW n°6 a dû se contenter de 9e place avant de se mettre en mode FSBK avec le 4e round du championnat de France ce week-end à Pau Arnos.
A Spa, Christian Ragot
Les classements des 8 Heures de Spa
Scratch : 1. BMW n°37 World Endurance Team (Odendaal-Reiterberger- Van der Mark), 2. Yamaha Yart n°1 (Hanika-Fritz-Mercado), 3. Kawasaki n°11 Webike (Leblanc-Ramos-Gamarino), etc…
Superstock : 1. Aprilia n°49 Revo-m2 (Saltarelli-Calia-Ferroni), 2. Honda n°77 Wojcik Racing Team, 3. Yamaha n°18 Team 18 Pompiers, 4. BMW n°25 Team-Etoile, 5. Tecmas Minerva Oil n°9 (Ponsson-Antiga-Leesch), 6. Honda n°119 Slider Endurance), etc…
Classement général Coupe du monde FIM Superstock. 1. BMW n°38 Champion Hert-MRPn 65 points ; 2. Aprilia n° 49 Revo-M2, 59 pts ; 3. Honda n°27 TrT Az Moto, 57 pts ; 4. Honda n°41 Dafy-Rac, 49 pts ; 5. Tecmas-Minerva Oils n°9 et Honda No Limits, 47 pts ; 7. Honda n°77 Wojcik RT, 44 pts ; 8. Yamaka n°18 Pompiers, 40 pts ; etc… B

